Baïlili, jardinière photographe amateure

un blog sur le jardin, les photos de fleurs, la déco mais aussi et surtout les humeurs d'une quadra...

jeudi 21 septembre 2006

Maroc, la nostalgie d'une vie

JJ_et_Granny_Maroc1

Une petite photo... non une grande photo nostalgique d'une époque que je n'ai pas connue mais dont j'ai beaucoup entendu parler. Une photo dont l'environnement a bercé mon enfance et la vie de toute ma famille.
Une photo prise au Maroc, berceau de ma famille.
Mes grands-parents maternels, qui sont représentés sur cette photo, y ont vécus ; ils y ont souffert pendant la guerre (surtout ma grand-mère, seule avec trois petites filles), mais sûrement moins qu'en Alsace, d'où ils ont rapatriés en vitesse leurs deux filles ainées.
Mes grands-parents paternels s'y sont connus, s'y sont mariés ; Ils y ont élevés leurs fils, ils y ont vu naître leurs premiers petits-enfants, puis en sont partis, l'âme en peine...
Ma grand-tante (dont j'ai déjà parlé) y a choisi une nouvelle vie, celle de la guerre et de la 2e DB.
Mon père y est né, il y a fait ses études, il y a commencé à travailler et a dû en partir à quarante ans, malgré lui.
Ma mère y est née, elle y a vécu, l'a quitté pendant quelques années. Elle y est retournée en vacances chez sa sœur, y a rencontré mon père ; Elle s'y est mariée, y a fait naître ses enfants, puis l'a encore quitté.
Ma tante y a commencé à travailler, y a lié des amitiés indestructibles, y rencontré son mari.

En 1966, tous ont dû quitter le pays de leur cœur. Les uns et les autres se sont installés là où ils pouvaient, en France, leur pays "de nationalité"...  que certains ne connaissaient pas très bien ou même pas du tout.

Quand je parle avec mon père, il me raconte pleins d'histoires "du Maroc". Quand je lui demande pourquoi il n'y ait jamais retourné, il me répond qu'il s'est senti "chassé" et qu'il a délibérément tourné la page. Quarante ans au Maroc, quarante ans en France, ça fait deux vies, non ? Mais quelle rupture !

Pour ma mère, ayant moins vécu "là-bas", elle est sûrement moins nostalgique, donc elle a eu plus de facilités à y retourner régulièrement.

Mon frère y est allé dès qu'il en a eu la possibilité. Il y avait vécu pendant ses sept premières années, donc il avait des souvenirs....

Quant à mes grands-parents (des deux côtés), ils ne sont jamais retournés sur les lieux de leur jeunesse... Eux aussi ont tourné la page. Mais qu'est-ce qu'ils en parlaient...

Pour ma part, j'y suis "retournée" l'année de mes quarante ans, ayant quitté ce pays à un an... Mais je le connais presque par cœur, je m'y sens comme un poisson dans l'eau. Serait-ce là ce qu'on appelle réminiscence ? Peut-être, mais je pense plutôt que c'est la nostalgie des souvenirs "racontés", si beaux, si sincères qui ont bercé ma jeunesse.

Je trouve cette photo absolument sublime.

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vendredi 12 mai 2006

j'avais une "maison familiale"

maison_sous_neige
Cette maison a été acquise par mon arrière grand-père.
Il était pharmacien dans une "ville bourgeoise" de la plaine d'Alsace.
Comme tout le monde le sait (?) il fait très, très chaud en Alsace en été (l'été prochain, regardez les températures sur la carte de Miss Météo et vous serez étonnés, pour ne pas dire époustouflés!) et la "mode" était d'avoir une résidence secondaire au frais, C'est-à-dire un peu en hauteur, donc dans la montagne appelée "les Vosges" (à ne pas confondre avec le département qui est de l'autre côté des montagnes).
Cette maison appartenait à un américain qui, à partir d'une ferme, avait réalisé une maison habitable et confortable. en 1936, l'américain, sentant le climat virer à la tempête (et il n'avait pas tort...), décide de rentrer en Amérique et vend cette maison à mon arrière grand-père. Pour celui-ci, elle est idéalement placée, à vingt kilomètres de la "ville", en altitude donc au frais, et déjà très habitable, avec salle de bain, grande cuisine, fosse septique... Bref, le grand confort pour l'époque. Pendant la guerre, cette maison a subi quelques avaries : un gros trou sur la façade principale, des petits dans le toit ; quelques nouveaux fossés et monticules dans le jardin, des arbres déchiquetés... rien de bien grave en fait.
Quelques années plus tard, mon arrière grand-père a donné la maison à son fils, mon grand-père, qui l'a gardée comme résidence secondaire, s'en occupant avec amour et ténacité, en agrandissant la propriété par l'achat de parcelles alentour pour "ne pas avoir de voisins trop proches".
Dans cette maison, mes arrières grands-parents, mes grands-parents, mes tantes et leurs maris, mes parents, mes cousins, mon frère et moi, ma fille, nous y avons tous passé, à tour de rôle, des vacances et des week-ends ou des Noëls tous ensemble, pendant soixante-dix ans (c'est un sacré anniversaire en fait, cette année !).
Pour ma part, je la connais depuis que je suis née ; enfant, j'y ai toujours passé au moins un mois de vacances en été et la plupart des petites vacances ; puis quand mes parents se sont séparés, j'y ai habité pendant quelques mois et après, comme ma mère et moi habitions cette fameuse "ville bourgeoise" de la plaine d'Alsace, nous y "montions" tous les week-ends, prendre le frais en été, déblayer la neige en hiver !
Quand je suis venue à Paris faire mes études, et ensuite pendant environ une quinzaine d'années, je retournais aussi souvent que possible dans cette maison et à chaque fois, je ressentais une émotion indescriptible composée d'apaisement, de quiétude, de nostalgie et de bonheur.
jj_et_moi_bapteme
Tout s'est gâté à la disparition de mon grand-père ; il n'a pas fait de testament et entre ses trois filles, ça a été un peu chaud (enfin... plutôt glacial) : les trois sœurs se sont chicanées pendant quelques mois ;
l'une, ayant besoin de finir sa maison à elle, s'est battue pour récupérer le plus de sous possible ;
l'autre, n'ayant pas besoin d'argent mais de reconnaissance en s'entourant de beaux objets et d'antiquités (c'est amusant car c'est celle qui ne connaît pas sa date de naissance... M. Freud, t'en penses quoi ?), s'est acharnée à récupérer tous les meubles, les tableaux, l'argenterie et... les assiettes (!) < "joke" personnelle ;
la dernière voulait la "maison familiale" parce qu'elle y était très attachée, s'en étant beaucoup occupé car elle en avait été toujours la plus proche géographiquement.
Mais en fin de compte, les trois sœurs ont, chacune, été satisfaites :
L'une avec ses sous qui lui ont permis de vivre enfin dans sa maison,
l'autre avec ses tableaux et autres meubles encombrants sa demeure,
la dernière, en sacrifiant une ou deux parcelles de terrain (résultat : il y a aujourd'hui, très près, (trop près) une maison ultra-moderne) a enfin "SA maison familiale"...
Celle-ci, qui est ma Môman, a dû, après cette éprouvante bataille, se dire que cette maison, elle l'avait vraiment gagnée, qu'enfin elle avait quelque chose à elle, qu'elle était chez elle !
C'est là où le bât blesse parce qu'à chaque fois que je suis venue ces six dernières années et qu'on "s'engueulait", elle ne se gênait pas pour me dire "je suis chez moi ici, et chez moi, je fais et dis ce que je veux !"
Alors moi qui me suis battue à ses côtés, je me sens dépossédée de "MA maison familiale" qui est devenue la maison de Môman… où je n'ai plus ma place ni plus de chambre "à moi".
Est-ce pour cela que j'ai acheté une maison située à l'autre bout de la France ? sûrement ! seulement ce n'est pas une "maison familiale", pas encore en tout cas...

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mercredi 26 avril 2006

ma grand-tante

suite à quelques commentaires sur mon billet précédent au sujet de ce qu'il advint de ma grand-tante, je fais un petit mot pour raconter la suite de sa vie.
pendant la guerre, elle se rendit chez sa belle-sœur (ma grand-mère) au Maroc pour lui amener ses deux filles d'Alsace où la vie n'était pas très douce à ce moment là. elle y séjourne quelques temps et elle entend parler de la formation d'un "régiment" d'ambulancières qui devait rejoindre la 2e DB du Général Leclerc pour ensuite participer au débarquement et aller sur Paris. et, soit désœuvrée, soit pour oublier son amour perdu, elle s'engage, répondant à tous les critères de sélection des "Rochambelles" : jeune, téméraire, parlant plusieurs langues, sachant conduire, débrouillarde.
donc elle a participé à la libération de la France : la Normandie, puis Paris, puis l'Alsace (retour "chez elle" d'une drôle de manière !) puis elle a continué avec la 2e DB jusqu'en Indochine. elle a rencontré son deuxième mari dans l'armée. ensuite, je ne connais pas très bien sa vie. je crois qu'elle a habité un temps en Afrique car son mari y travaillait, elle a une fille ; son deuxième mari est décédé il y a longtemps maintenant.
tout ce que peux dire, c'est que c'est une femme formidable, courageuse, qui va fêter ses 96 ans cet été et qui est en très bonne forme.
j'ai trouvé une photo d'elle après son débarquement en Normandie, en août 1944, sur le site suivant :
www.marinettes-et-rochambelles.com/
edith_en_rochambelle

Posté par bailili à 15:59 - Nostalgie - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

mardi 25 avril 2006

la sœur de mon grand-père et le frère de ma grand-mère

mon grand-père et ma grand-mère se sont donc mariés en août 1930 (voir billets dans la catégorie "2-Nostalgie").
à ce mariage, il y avait évidemment la sœur de mon grand-père et le frère de ma grand-mère.
et, évidemment, ils se découvrent et se plaisent, eux, la sœur de... et le frère de...
ils commencent à se fréquenter. ils devaient se voir souvent étant donné qu'ils étaient la sœur du mari et le frère de la femme (vous suivez ?). en plus, ils étaient tous à peu près du même âge: ma grand-mère née en 1907, mon grand-père né en 1908, le frère de ma grand-mère né en 1909 et la sœur de mon grand-père née en 1910 (vous suivez toujours ?) : donc quatre jeunes gens nés à un an d'intervalle ne peuvent que s'entendre ; partir en montagne ensemble ; fréquenter les mêmes amis (dans cette petite ville bourgeoise, le cercle devait être restreint).
et ce qui devait arriver, arriva : la sœur de mon grand-père et le frère de ma grand-mère s'aimèrent et se marièrent en 1934. ça peut paraître un peu long vu qu'ils se sont connus en 1930 mais le frère de ma grand-mère devait finir ses études avant de se marier (d'après ses parents à lui et à elle...).
puis après leur mariage, il fit son service militaire, dans l'aviation vu qu'il était ingénieur aéronautique.
ma grand-mère couvait son petit frère, lui recommandant, à chaque fois qu'il volait, de "sauter si quelque chose n'allait pas" ; sa belle-sœur devait faire la même chose, dire à son mari de "sauter si quelque chose n'allait pas". ces recommandations de la part des deux femmes qu'il aimait ont poussé ce jeune homme à sauter de son avion en perdition, un jour de l'an 1936, deux ans après son mariage, au dessus d'une certaine ville. l'avion était trop bas et ma grand-mère a perdu son frère et ma grand-tante a perdu son mari et mon grand-père a perdu son "double" beau-frère (et ami) et mes arrières grands-parents ont perdu un fils et un gendre... les autres personnes dans l'avion s'en sont sorties avec quelques blessures...
cette "certaine ville" où mon grand-oncle s'est tué est celle où mes parents se sont installés en 1966 (sans trop d'autres alternatives) après la "débâcle" qu'ils ont subi et qui les a obligés à revenir en France. ma mère a dû en être très perturbée, vu que cette histoire tragique restait très présente dans les récits et les souvenirs de famille.
quelle coïncidence ! terrible...
voici des photos de ce couple, éphémère, mais véritablement amoureux l'un de l'autre : ma grand-tante, la sœur de mon grand-père, la femme du frère de ma grand-mère, qui est toujours en pleine forme actuellement, je rappelle qu'elle est née en 1910, a toujours refusé de parler de "Jean-Paul, l'amour de ma vie".
edith_et_j_p_mains edith_et_jp_plage edith_et_j_p_assis

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dimanche 2 avril 2006

mon plus ancien souvenir

Madeleine m'a passé la main pour raconter mon souvenir le plus ancien.
ça fait déjà quelques jours et si je ne le fais que ce soir c'est que j'ai réflêchis à mon souvenir le plus marquant avant de réaliser que ce n'était pas le sujet ! j'ai d'ailleurs été souvent "hors-sujet" dans mes rédactions, et aussi dans ma vie... bon, passons... (vous voyez, encore hors-sujet !)

donc, voici mon plus ancien souvenir que je peux dater avec précision :
je venais d'entrer en maternelle, sans doute en janvier (ça se faisait souvent d'entrer en cours d'année), j'étais très contente, enfin je faisais comme mon grand-frère : j'allais à l'école ! et j'aimais ça ! peut-être parce que je n'étais plus toute seule... puis 4 ou 5 mois plus tard, je n'y allais plus... je me souviens m'être demandée si c'était l'école qui ne voulait plus de moi, si j'avais fait quelque chose, si ma mère me punissait en m'interdisant l'école.
triste et frustrée, j'étais.
on était en mai et je ne suis pas retournée à l'école avant le mois de septembre suivant.
c'était mai 68 et j'avais 3 ans...

c'est marrant de parler de ça aujourd'hui... peut-être qu'on se dirige vers un mai 06 ?

j'illustre ce billet avec une photo de Môa à l'école, un peu plus grande, oui, mais sage, toujours sage...
re_moi_ecole21

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lundi 20 mars 2006

mon grand-père, un jeune garçon

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c'est mon grand-père à l'âge de 8 ans environ, donc pendant la guerre (la 1re évidemment).
quelle sérénité chez ce petit garçon et quelle assurance dans le regard, bien face à l'objectif (alors que ça ne devait pas être courant les appareils photo !). je m'étonne aussi de cette sérénité parce qu'il se trouvait en Alsace, enjeu important de cette guerre qui faisait rage là-bas (quand on "visite" les tranchées conservées dans les Vosges, on ne peut que frémir et pleurer...)
notons, plus gaiement, la frange à mi-front et le costume de marin (en Alsace!).
j'ai découvert cette photo l'année dernière seulement et depuis elle trône, encadrée, sur mon étagère "ocre" (elle est en sépia et le cadre est doré).

la prochaine fois je vous parlerai de la soeur de mon grand-père et du frère de ma grand-mère, je ne vous en parlerai pas séparément mais ensemble, vous allez voir pourquoi, c'est tout à fait étonnant ! mais j'attends des photos que ma mère a promis de m'amener le week-end prochain. donc patience !

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mardi 14 mars 2006

Mon grand-père, un homme étonnant

donc mes grand-parents étaient terriblement amoureux l'un de l'autre, ce qui fait qu'en août 1930 ils se sont mariés et qu'en avril 1931, ils ont annoncé la naissance de leur fille (ma tante). elle avait un peu d'avance mais ça arrive !
seulement dans les années 90, mon grand-père, un jour où il se sentait en verve, a révélé que sa première fille était née bien avant le mois d'avril car sa fiancée était venue le voir là où il faisait son service militaire et qu'ils avaient "fauté" avant le mariage ! bon, ça peut se comprendre : l'amour, le désir, tout ça... ils avaient réussi à cacher la naissance de leur bébé environ deux mois avec la complicité des parents des deux côtés ; tout c'était bien passé pour la "bienséance".
le seul problème c'est que lorsque mon grand-père a révélé cette "cachotterie", ma tante, logiquement, a demandé la date exacte de sa naissance et que son père a été incapable de s'en souvenir ! ma grand-mère et les parents des deux côtés ayant disparus, personne ne fût capable de dater sa naissance ! et ma tante, à quelques 60 ans, en a été tellement vexée qu'il ne fallait plus lui parler d'anniversaire !
alors que la morale de cette histoire c'est qu'elle est l'enfant du vrai, du bel amour qui a uni mes grands-parents jusqu'à la mort de ma grand-mère (jeune, trop jeune)...

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dimanche 12 mars 2006

Nostalgie

oui, j'ai la nostalgie d'une certaine époque,
celle où mon grand-père s'occupait beaucoup de moi
et où je ressentais qu'en tout cas, lui il m'aimait…

jean_jacques_et_moi_bateau2

j'ai eu la chance de le connaître bien car on vit longtemps dans ma famille, sauf ma grand-mère, sa femme, dont il était très amoureux depuis très jeune, voici une photo d'eux deux. il a à peu près 23 ans et elle 24 environ ; c'est pris en 1930-31 au tout début de leur mariage. Qu'ils ont l'air amoureux et ils sont si beaux ! (d'ailleurs j'ai une anecdote au sujet de la "beauté et prestance de mes grands-parents" : en 84, en terminale dans une pension de Strasbourg j'ai eu la surprise de voir une surveillante dans la fleur de l'âge me convoquer pour me raconter qu'elle avait connu mes grands-parents pendant sa jeunesse au Maroc et que, pour elle à cette époque, ils représentaient la quintessence de la beauté, de la jeunesse et de l'amour ! incroyable ! qu'est ce que j'étais génée mais fière en même temps !). bon je vous livre la photo et je vous raconterai la suite de la vie de mon grand-père plus tard.

jean_jacques_et_sa_femme2

Posté par bailili à 23:25 - Nostalgie - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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